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LA MÉDIATION SOCIALE

En reprenant la note de veille du Centre d’analyse stratégique N°147 de juillet 2009 nous avons retenu l’article intitulé : « La médiation sociale, une estimation positive des gains socioéconomiques, une reconnaissance à acquérir ».

Tout en soulignant l’essor positif de la médiation sociale dans le cadre de la politique de la ville, il est relevé « une certaine nébuleuse compte tenu de la multitude d’intervenants locaux qualifiés de médiateurs sociaux » ainsi qu’une pratique qui tend à s’institutionnaliser essentiellement dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville à la croisée entre « le social et le sécuritaire ». La médiation sociale est reconnue efficace à 60 % pour la « médiation navette » et à 90 % pour la « médiation table ronde » dans les conflits de voisinage. Il est noté par ailleurs une diminution de 25 à 30 % des incivilités et des dégradations ainsi que des actes de vandalisme dans les quartiers où un médiateur social est repéré institutionnellement. Les études effectuées ont également démontrées un gain de 60 à 75 % des coûts liés aux actes de vandalisme notamment en raison de la diminution du nombre de recours à des procédures juridiques ou administratives.

En conclusion la médiation sociale est présentée comme utile mais présentant un manque évident de professionnalisation et des risques certain de renforcer les communautarismes, le patriarcat au sein des quartiers et le retrait des femmes de l’espace public. Une interrogation est alors portée sur l’efficience de ces intervenants (les médiateurs sociaux) souvent de proximité sociale et identitaire et le risque « d’ethnorationalisation » des problèmes et de la création dangereuse d’un mode de régulation sociale fondé sur la surveillance communautaire.

C’est pour répondre à cette étude et aux interrogations qu’elle porte que l’ Association AMORIFE International a décidé d’instaurer prochainement en partenariat un programme de professionnalisation auprès des acteurs de terrain concernés par la politique de la ville : adultes-relais, éducateurs de rue, assistants sociaux de secteurs, cadres sociaux, écoles de quartiers, PMI, Groupes de parole pour parents en difficultés, commissariat de police de quartier, etc… (liste non exhaustive).
Ce programme s’articule essentiellement autour de l’étude de la communication :
- Les techniques de communication (l’accueil, le langage verbal et non verbal, le principe de la communication non-violente, le respect mutuel, l’empowerment ou la capacitation,…
- Le principe de l’écoute active
- La négociation raisonnée (Fisher et Ury et « la roue » de Fiutak)
- La médiation et les médiations (concepts, philosophie, courants, processus)
- L’interculturalité & L’interreligion
- Les notions de laïcité et d’universalisme en respectant les différences de chacun
- Citoyenneté et justice
- Loi et droit
- Immigration et émigration : notions d’ethnopsychiatrie
- Pouvoir, argent et sexualité
- Les politiques régionales, départementales et locales en matière sociale
- Les types de violence (conjugales, familiales, communautaires, morales, physiques, psychiques, institutionnelles, scolaires, individuelles, sexuelles, verbales, gestuelles,…)

Des sensibilisations de un à trois jours seront proposées et une formation certifiante de 120 heures sera à disposition des différents acteurs pour une meilleure gestion de la régulation sociale dans les quartiers et une meilleure connaissance de la politique de la ville, de la loi, des techniques de médiation pour un mieux-vivre ensemble et un esprit citoyen responsable.
La professionnalisation complète passe ainsi par l’obtention d’un Certificat d’Aptitude de Médiateur Social. Une analyse de pratique professionnelle et des supervisions étant proposées par la suite ainsi que des mises à niveau notamment au regard de l’évolution des textes législatifs, de l’évolution politique et de l’évolution sociétale et culturelle.

Claudio JACOB. AMORIFE International – Avril 2011